Meilleures années retraite et salaire moyen : ce que la réforme change pour vous

Le calcul de la retraite repose sur un mécanisme que beaucoup découvrent tard : la sélection des meilleures années de salaire. Depuis le 1er septembre 2026, les règles ont changé pour les parents. Le nombre d’années retenues dans le calcul du salaire annuel moyen peut désormais diminuer grâce aux trimestres liés aux enfants, ce qui modifie directement le montant de la pension.

Salaire annuel moyen et meilleures années : le mécanisme de base

Pour comprendre ce qui change, il faut d’abord saisir comment fonctionne le calcul. Le régime général retient les 25 meilleures années de revenus d’un assuré. Chaque salaire annuel est revalorisé pour tenir compte de l’inflation, puis la moyenne est calculée.

Ce salaire annuel moyen (SAM) constitue l’un des trois paramètres de la pension de base, avec le taux de liquidation et la durée d’assurance. Plus le SAM est élevé, plus la pension grimpe.

Pourquoi retenir seulement les meilleures années ? Parce que les années de faible revenu (début de carrière, temps partiel, chômage) tirent la moyenne vers le bas. En les excluant, le système protège les assurés qui ont connu des parcours professionnels irréguliers.

Trimestres enfants et réduction du nombre d’années retenues

Jusqu’à récemment, les majorations de durée d’assurance (MDA) liées aux enfants augmentaient le nombre de trimestres validés. Elles aidaient à atteindre le taux plein plus vite. En revanche, elles ne modifiaient pas le nombre d’années prises en compte pour calculer le salaire annuel moyen.

Homme approchant la retraite en réunion avec un conseiller financier pour discuter de la réforme et du calcul des meilleures années de salaire

Les décrets du 31 juillet 2026 changent la donne pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026. Désormais, les trimestres enfants réduisent le nombre d’années retenues dans le calcul du SAM :

  • Avec 1 enfant, le calcul porte sur les 24 meilleures années au lieu de 25
  • À partir de 2 enfants, ce chiffre descend à 23 meilleures années
  • Jusqu’à 2 trimestres liés aux enfants peuvent aussi être comptés comme périodes réputées cotisées pour la retraite anticipée carrière longue

Concrètement, retirer une ou deux années faibles du calcul peut faire remonter la moyenne de façon significative. Pour une mère ayant travaillé à temps partiel pendant quelques années, l’effet sur la pension mensuelle n’est pas anecdotique.

Carrière longue et pension : un double levier pour les parents

Avant cette réforme, les trimestres enfants jouaient sur un seul tableau : la durée d’assurance. Ils permettaient d’atteindre plus vite le nombre de trimestres requis, sans toucher au montant du SAM ni faciliter un départ anticipé pour carrière longue.

Le changement de septembre 2026 crée un double levier avec les mêmes trimestres enfants. D’un côté, ils améliorent le montant de la pension en réduisant le nombre d’années retenues. De l’autre, ils ouvrent l’accès à la retraite anticipée carrière longue en comptant comme périodes réputées cotisées.

Ce mécanisme vise à réduire les inégalités entre femmes et hommes face à la retraite. Les carrières féminines, plus souvent interrompues ou ralenties par la parentalité, étaient pénalisées deux fois : par un SAM plus bas et par un accès plus difficile au dispositif carrière longue.

Un exemple pour visualiser l’impact

Prenons une salariée avec deux enfants et une carrière de 30 ans. Parmi ses années d’activité, certaines à temps partiel affichent des revenus très bas. Avant la réforme, ces années faibles entraient dans le calcul des 25 meilleures. Depuis septembre 2026, le calcul porte sur 23 années. Les deux années les moins rémunératrices sortent du périmètre, et le salaire annuel moyen augmente mécaniquement.

Suspension de la réforme de 2023 : quelles générations en profitent

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ne se limite pas aux trimestres enfants. Elle suspend aussi le relèvement progressif de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, ainsi que l’augmentation de la durée d’assurance prévue par la réforme de 2023.

Toutes les générations ne sont pas concernées de la même manière. Les générations 1964 et 1965 disposent d’une fenêtre d’optimisation particulière : elles peuvent combiner le gel de l’âge légal avec les nouvelles règles sur les meilleures années. Pour ces assurés, la date de départ et le montant de la pension peuvent tous deux s’améliorer.

L’essentiel de ces mesures entre en vigueur le 1er octobre 2026 pour l’âge légal, mais dès le 1er septembre 2026 pour le calcul du SAM des parents. Cette différence de calendrier crée une situation où il peut être judicieux de décaler son départ de quelques mois pour bénéficier des deux dispositifs.

Date de départ : un choix qui pèse sur la pension

Pour les personnes proches de l’âge légal, le choix entre partir le 1er septembre ou le 1er octobre 2026 n’est pas neutre. Un départ au 1er octobre permet de cumuler la suspension de l’âge légal avec le nouveau calcul du SAM. Partir trois mois plus tôt peut sembler tentant, mais quelques mois de décalage peuvent modifier la pension pour toute la durée de la retraite.

Couple de seniors planifiant leur retraite ensemble sur une tablette, cherchant à comprendre l'impact de la réforme sur leurs meilleures années et leur salaire moyen

Vérifier son relevé de carrière avant de décider

Les trimestres enfants n’apparaissent pas toujours clairement sur le relevé de carrière. Les MDA sont souvent attribuées au moment de la liquidation, pas avant. Avant de planifier un départ, il faut demander une estimation actualisée qui intègre les nouvelles règles.

  • Vérifier que les trimestres MDA sont bien pris en compte dans le calcul du SAM
  • Comparer le montant de la pension avec 25, 24 ou 23 meilleures années selon le nombre d’enfants
  • Simuler l’effet d’un décalage de quelques mois sur la date de départ

Les caisses de retraite proposent des simulateurs en ligne, mais ces outils ne reflètent pas toujours les dernières modifications réglementaires. Un entretien individuel avec un conseiller retraite reste le moyen le plus fiable de mesurer l’impact réel de ces changements sur sa situation personnelle.

La réforme de septembre 2026 ne concerne pas tous les assurés, mais pour les parents, elle représente un changement concret dans le calcul de la pension. Chaque année retirée du SAM peut modifier le montant perçu chaque mois, sur une période qui dure parfois plus de vingt ans. Vérifier son relevé et simuler plusieurs scénarios de départ avant de prendre une décision reste la démarche la plus prudente.