Les chiffres ne mentent pas : la revalorisation des pensions de vieillesse n’avance jamais au même rythme que l’inflation théorique. Pour 2025, certains régimes complémentaires, comme l’Agirc-Arrco, préparent une hausse qui n’a rien d’automatique et s’émancipe des règles du régime général. Résultat : des écarts de traitement qui s’installent entre retraités, selon le chemin professionnel parcouru et le statut de chacun.
Entre variation du point de service, revalorisations ponctuelles et ajustements budgétaires décidés en haut lieu, l’année à venir s’annonce comme un véritable jeu de pistes. Les scénarios pour 2026, eux, reposent sur des hypothèses économiques encore fragiles.
Pensions de vieillesse en 2026 : ce que prévoient les dernières annonces
Pour l’année 2026, la revalorisation des pensions de retraite de base est désormais fixée : une hausse de 0,9 % au 1er janvier, d’après la dernière annonce gouvernementale. Moins dynamique qu’en 2025 (2,2 %), cette évolution s’explique par un budget étroitement surveillé et une inflation qui perd de la vigueur. La Sécurité sociale généralise cette hausse à tous les profils : salariés du régime général, agriculteurs, artisans, chacun est logé à la même enseigne.
Le projet de gel des pensions pour 2026 n’aboutit pas : l’Assemblée nationale s’est opposée à la proposition d’une année blanche portée par le Sénat. Ce rejet marque une volonté de soutenir le pouvoir d’achat des retraités, surtout pour ceux dont les revenus restent modestes. Plusieurs aides continuent de s’appliquer et parfois se cumulent : retraite de base, majoration SMIC, ASPA, ASI.
Concernant les régimes complémentaires, le tempo change : la revalorisation Agirc-Arrco est attendue seulement en novembre 2026, le conseil d’administration n’ayant prévu aucune modification intermédiaire. Ceux qui attendent un ajustement devront garder patience ; l’écart avec le régime de base se creuse pour plusieurs mois.
Pour clarifier les annonces des prochains mois :
- Hausse des pensions de base : 0,9 % au 1er janvier 2026
- Pas de revalorisation Agirc-Arrco avant novembre 2026
- L’Assemblée nationale a écarté la suspension des pensions
Dans ce climat, la revalorisation annuelle provoque des débats entre les caisses nationales, partagées entre rigueur et nécessité de préserver le niveau de vie. Les retraités avec de faibles ressources ont tout intérêt à vérifier avec attention leur droit à l’ASPA ou à d’autres soutiens, pour compenser une augmentation qui frôle l’immobilisme.
Inflation, pouvoir d’achat : quels impacts attendus sur les retraites ?
D’année en année, la revalorisation des pensions de retraite de base s’aligne sur la progression de l’indice des prix à la consommation hors tabac, tel que calculé par l’INSEE. Pour 2025, la hausse de 2,2 % reflète une inflation relativement contenue, alors que les précédents mois avaient heurté le pouvoir d’achat des retraités. L’ajustement, enclenché chaque 1er janvier, suit la vie réelle des prix, mais toujours avec un certain temps de latence.
Du côté des complémentaires, les règles diffèrent. Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco s’appuie sur deux critères : l’inflation et la situation financière du régime. Cette combinaison détermine calendrier et niveau de revalorisation. Pour 2025, aucune augmentation n’est envisagée avant novembre 2026 : un délai qui accentue l’écart et entretient l’incertitude pour ceux qui arrivent à la retraite.
Pour les retraités disposant de ressources modestes, plusieurs dispositifs coexistent. Voici ceux sur lesquels ils peuvent s’appuyer :
- L’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées), fixée à 1 034,28 € par mois pour une personne seule,
- La majoration sur la base du SMIC,
- Les pensions de réversion, revalorisées également à hauteur de 2,2 % au 1er janvier 2025.
Ces mesures visent à garantir un niveau de vie minimal, même si la hausse des coûts liés à l’alimentation, au logement ou à l’énergie pèse sur le quotidien. L’actualisation des montants chaque année limite l’écart, mais ne parvient pas à effacer totalement les disparités ressenties sur le terrain.
Revalorisation des pensions Agirc-Arrco : à quoi s’attendre pour l’automne 2026 ?
Pour les complémentaires du secteur privé, la revalorisation Agirc-Arrco ne se décide qu’à l’automne. Le conseil d’administration, composé de représentants syndicaux et patronaux, tranche sur l’évolution du montant pour les allocataires. Pour 2025 : aucune augmentation en novembre. Le rendez-vous est donc reporté à l’automne 2026.
Contrairement à la base, l’Agirc-Arrco ne se contente pas de suivre mécaniquement l’inflation. Elle prend aussi en compte ses propres réserves et les projections démographiques lors de chaque décision. Rien n’est automatique, on l’a vu : chaque hausse naît de débats nourris. L’objectif ? Trouver le point d’équilibre entre la stabilité du régime et le maintien du pouvoir d’achat.
Ce statu quo en 2025 s’explique par le choix de préserver les réserves de l’Agirc-Arrco et de garantir l’équilibre de long terme. La prochaine revalorisation devrait intervenir au 1er novembre 2026, sous réserve de confirmation au fil des mois. Cette période d’attente incite les retraités à rester attentifs aux nouvelles annonces et à la santé générale du régime.
Quelques événements clés à surveiller :
- Pas d’augmentation pour Agirc-Arrco en novembre 2025
- Augmentation attendue pour l’automne 2026
- La décision repose sur la santé financière et les discussions entre partenaires sociaux
Quelles perspectives pour les retraités face aux évolutions du système ?
Chaque régime écrit ses propres règles et brouille les repères. Certains retraités voient leur pension de base progresser de 2,2 % au 1er janvier 2025, tandis que ceux affiliés à la CIPAV ne bénéficient d’aucune modification cette année. Les indépendants, professions libérales, sont logés à diverses enseignes : la CAVEC accorde une hausse de 1,93 %, le RCI seulement 0,6 %. Le secteur public, à travers la RAFP, se distingue par une progression de +4 % en 2025.
Ce tableau s’étend aussi aux prestations associées : le minimum vieillesse ASPA s’établit à 1 034,28 € par mois pour une personne seule, tandis que l’allocation veuvage et les pensions de réversion suivent la même trajectoire que la pension principale (+2,2 % au 1er janvier 2025). L’allocation journalière pour proche aidant affiche 65,80 € par jour, reconnaissant le rôle de ceux qui accompagnent un parent dépendant.
Dans cette mosaïque d’ajustements, chaque retraité doit composer avec les choix des caisses et les délibérations parlementaires. Pas de suspension des pensions prévue pour 2026, malgré la suggestion d’une année blanche par le Sénat. La revalorisation des pensions se dessine désormais comme un terrain mouvant, pris entre contraintes financières et aspirations sociales.
Quelques balises pour ne pas perdre le nord :
- Le montant évolue en fonction du régime d’affiliation, chaque caisse possédant son propre calendrier.
- L’ASPA, l’allocation veuvage et la pension de réversion progressent comme la pension principale.
- L’allocation journalière du proche aidant atteint 65,80 € par jour.
Dans cet univers en constant réajustement, chaque retraité avance entre attentes, doutes et espoir d’équité. Au-delà des ajustements comptables, le sort des pensions raconte la capacité de la société à tenir sa promesse d’accompagnement envers ses aînés.


